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InfoVac : La ligne directe d'information sur la vaccination !

Effets secondaires des vaccins

enfant1Les effets secondaires des vaccins sont étudiés à de nombreuses étapes de leur développement et de leur utilisation.

Tout nouveau vaccin est testé dans des études cliniques, d’abord avec quelques dizaines de volontaires adultes en bonne santé, puis avec quelques centaines de volontaires, puis avec plusieurs milliers ou dizaines de milliers d’enfants ou d’adultes, selon à qui les vaccins sont destinés.

Les personnes ou les parents qui acceptent de participer à ces études relèvent tout ce qui survient d’inhabituel dans les semaines et les mois qui suivent une vaccination, et le transmettent à leur médecin traitant. Ceux-ci vérifient ces fiches et les complètent avec leurs diagnostics médicaux.

Puis toutes ces fiches sont rassemblées et analysées pour comparer les problèmes de santé survenus chez les personnes qui ont reçu le nouveau vaccin et celles qui ne l’ont pas reçu. Ceci permet d’identifier les effets secondaires les plus fréquents – ceux qui surviennent chez plus d’une personne vaccinée sur mille - avant que le vaccin ne soit enregistré et mis sur le marché.

Les effets indésirables très rares qui ne surviendraient éventuellement que chez une personne sur dix mille, cent mille ou un million, ne peuvent pas être identifiés avant que ce nouveau vaccin ne soit donné à plusieurs dizaines ou centaines de milliers de personnes.

Pour détecter ces effets secondaires rares, il existe des systèmes de surveillance des vaccins après leur mise sur le marché. Ces systèmes fonctionnent plus ou moins bien, parce qu’il est difficile d’obtenir toutes les déclarations d’effets indésirables éventuels. Ces déclarations spontanées servent donc essentiellement à donner un «signal», une suspicion qu’il y a peut-être un problème qu’il faut étudier.

Ces suspicions d’effets secondaires sont alors étudiés dans de grandes études cliniques regroupant des dizaines de milliers de sujets vaccinés, et le même nombre de sujets contrôles, pour déterminer si un problème médical survient plus fréquemment – ou non - chez les personnes vaccinées que chez celles qui ne sont pas vaccinées.

En effet, les vaccins ne protègent pas contre tous les problèmes de santé : il est donc inévitable que ces problèmes (maladies, accidents) surviennent aussi chez des personnes qui ont été vaccinées, juste avant ou juste après un vaccin !

La question importante est donc de savoir si la vaccination augmente le risque d’avoir un problème de santé – ou non.

Ceci ne peut être déterminé que par des grandes études.
Celles-ci ont par exemple permis de démontrer :
- que la vaccination des nourrissons ne joue aucun rôle déclenchant dans la mort subite des nourrissons,
- que le vaccin coqueluche ne provoque pas de dommages cérébraux,
- que le vaccin rougeole-rubéole-oreillons n’augmente pas le risque d’autisme,
- que la vaccination contre les méningites à Hib n’augmente pas le risque de diabète,
- que la vaccination contre l’hépatite B n’augmente pas le risque de sclérose en plaques,
- etc.

Source : InfoVac
Références : OMS (Global Vaccine Safety Initiative); Institute of Medicine (rapport 2011)

Contre-indications vaccinales

enfant2Dans certaines situations, un vaccin peut être contre-indiqué ou nécessiter des mesures de précaution particulières destinées à diminuer encore le risque d’effets indésirables.

Pour tous les vaccins
En cas de maladie bénigne ou de fièvre, il suffit de retarder la vaccination de 1- 2 semaines.

Une allergie grave à l’une des substances contenues dans le vaccin ou l’apparition d’une réaction allergique grave après une dose de vaccin sont des contre-indications à effectuer ou poursuivre la vaccination. En cas de réaction allergique bénigne (urticaire), la vaccination peut être poursuivie avec des précautions particulières (médicament anti-histaminique).

Lors de maladie neurologique non définie et évolutive (par exemple spasmes infantiles, épilepsie non contrôlée, encéphalopathie progressive), la vaccination est recommandée dès que le status neurologique est mieux défini et stabilisé. La vaccination est possible voire recommandée lorsque, aux yeux du médecin et des parents, la vaccination ne représente pas de risque supplémentaire mais protège d’une maladie potentiellement grave.

Pour les vaccins vivants atténués contre rougeole-oreillons-rubéole, varicelle ou fièvre jaune.
La vaccination doit être évitée chez les femmes enceintes (une contraception est nécessaire pendant un mois après chaque dose de vaccin).

La vaccination par un vaccin vivant est contre-indiquée chez les malades dont le système immunitaire est déficient (immunodéficience cellulaire, infection avancée à VIH/SIDA (CD4 < 500/µl entre 1 et 5 ans, <200/µl à partir de 6 ans) et qui prennent un traitement immunosuppresseur (en particulier, prednisone >=2 mg/kg/jour ou 20 mg/jour pendant > 14 jours).

Une latence d’au moins 5 mois (et parfois plus) est à respecter après un traitement d’immunoglobulines ou l’administration de produits sanguins.


Source : CFV et OFSP
Référence: Center for Disease Control (ICI)

Utilité des vaccins ?

Est-ce vrai que l’impact des vaccinations sur les maladies est négligeable ?

Certaines personnes attribuent la diminution des maladies que la vaccination permet de prévenir aux changements du mode de vie (alimentation, eau, hygiène, habitat). Personne ne songe à nier l’importance de ces facteurs. Mais certains graphiques dessinent des courbes de mortalité par rougeole ou coqueluche entre 1850 et 1970 - sans dire que la qualité des statistiques avant 1950 laissait grandement à désirer ! Choisissant une échelle de décès par million d’enfants, ils font croire que la rougeole ou la coqueluche ne tuaient plus d’enfants avant même que la vaccination ne soit débutée !

Pourtant, le risque de mourir des complications d’une rougeole en Europe est encore d’environ 1 enfant sur 1’000, comme l’ont rappelé les épidémies survenues en 1999-2000 en Hollande (3 décès parmi 3600 cas rapportés) et en 2002 en Italie (4 décès parmi 20'000 cas rapportés). Le risque qu’un nourrisson meure de coqueluche est également estimé encore aujourd’hui à environ 1 sur 100-200.

L’importance de la vaccination de masse pour le contrôle d’une maladie même dans des pays à haut niveau de vie est facile à démontrer. Il est démontré par la disparition de la rougeole, de la rubéole et des oreillons en Finlande entre 1980 et 2000, par la diminution spectaculaire de la coqueluche en Suède entre 1995 et 2004 ou par l’évolution des méningites à Haemophilus influenzae b en Suisse entre 1990 et 2000. Par ailleurs, un programme de vaccination bien mené peut contribuer à l’élimination de maladies même dans les pays où le niveau de vie n’est pas encore aussi élevé qu’en Suisse : on pense à la poliomyélite, en voie d’éradication au niveau mondial, mais aussi à la disparition de la rougeole en Amérique Centrale et du Sud, ou même dans les pays de l’ex URSS…
Références :
Measles outbreak--Netherlands, April 1999-January 2000. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2000; 49(14):299-303.
Measles epidemic attributed to inadequate vaccination coverage--Campania, Italy, 2002. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2003; 52(43):1044-7.
Vitek CR, Pascual FB, Baughman AL Murphy TV. Increase in deaths from pertussis among young infants in the United States in the 1990s. Pediatr Infect Dis J 2003; 22(7):628-34.
Wortis N, Strebel PM, Wharton M, Bardenheier B Hardy IR. Pertussis deaths: report of 23 cases in the United States, 1992 and 1993. Pediatrics 1996; 97(5):607-12.
Heininger U, Klich K, Stehr K Cherry JD. Clinical findings in Bordetella pertussis infections: results of a prospective multicenter surveillance study. Pediatrics 1997; 100(6):E10.
Peltola H, Davidkin I, Paunio M, Valle M, Leinikki P Heinonen OP. Mumps and rubella eliminated from Finland. Jama 2000; 284(20):2643-7.
Olin P, Gustafsson L, Barreto L, Hessel L, Mast TC, Rie AV, et al. Declining pertussis incidence in Sweden following the introduction of acellular pertussis vaccine. Vaccine 2003; 21(17-18):2015-21.
Office Federal de la Santé Publique. Déclarations des maladies transmissibles.
Desgrandchamps D, Schmid R, Zimmermann HP, Imahorn P, Kabus K Schubiger G. [Effect of conjugated PRP vaccines on the incidence of invasive diseases caused by Haemophilus influenzae Type B in childhood]. Schweiz Med Wochenschr 1994; 124(14):575-82.


Est-ce vrai qu’en Suisse, la diphtérie n’est plus apparue depuis de nombreuses années?

Certes, il y n’a plus eu de diphtérie causée par un Corynebacterium diphteriae, grâce à la vaccination de la majorité des enfants. Mais un cas d’angine causée par un Corynebacterium ulcerans porteur du phage de la toxine diphtérique a été rapporté en 2002 chez une enfant de 8 ans de la région d’Entlebuch, n’ayant jamais quitté la Suisse mais n’ayant jamais été vaccinée… Ce cas est heureusement resté isolé, comme d’autres survenus ces dernières années en Angleterre ou en France. Il rappelle cependant que seule la vaccination généralisée permet de limiter la circulation d’un C. diphteriae porteur de toxine, qui ne demande qu’à revenir…

Est-ce vrai que le danger de diphtérie est extrêmement faible sauf pour les familles qui voyagent avec leur petit enfant dans l’ex-URSS ou dans les pays en développement… »

Non. Conclure que la vaccination n’est pas nécessaire pour ceux qui ne voyagent pas implique de voir réapparaître la diphtérie en Suisse !

Comme le risque de blessure chez un nourrisson est généralement faible, les médecins critiques envers les vaccinations ne recommandent le vaccin tétanos qu’à partir de l’âge de la marche, où le risque de blessure augmente.

Cette recommandation ne tient pas compte du fait qu’il faut 3 doses de vaccin pour une garantie de protection ! Le schéma tardif parfois conseillé (12 mois, 14 mois et 26 mois) laisse donc les enfants sans garantie de protection avant l’âge de 26 mois. Comment les empêcher de se blesser avant cet âge?

Est-ce vrai que la coqueluche, maladie très contagieuse, touchait autrefois surtout les enfants. Manifestement en raison d’un taux élevé de vaccination dans la population infantile, elle concerne de nos jours de plus en plus les adolescents et les adultes ?

Il est vrai que la vaccination des petits enfants les protège pendant une dizaine d’année, et que l’absence de rappels à l’adolescence ou pendant la vie adulte ne permet pas de protéger les adultes. Mais nous n’avons pas connaissance de données qui établiraient que la vaccination des petits enfants soit la cause de la coqueluche des adultes. Celle-ci n’est le plus souvent pas correctement diagnostiquée…

Est-ce vrai que les évolutions mortelles de coqueluche restent rares et surviennent chez les nourrisson dans environ 0.1% des cas ».

Comment comprendre que l’adjectif « rare » soit utilisé pour caractériser un décès sur 1'000, soit 60-70 décès par an en Suisse en l’absence de vaccination ?

« Les enfants avec une coqueluche devraient si possible être surveillés 24h sur 24. »

Au delà de la faisabilité d’une surveillance constante pendant plusieurs semaines, il est dangereux de faire croire que cela serait une garantie suffisante, puisque les décès peuvent malheureusement survenir même avec une surveillance constante ou un soutien cardiorespiratoire en milieu hospitalier…

Est-ce vrai qu’avant l’introduction du vaccin Hib, moins de 100 personnes par année, soit environ 0.015% des enfants de moins de 10 ans, étaient atteintes d’une méningite à HIB en Suisse, plus 50 cas d’épiglottite ?

Les données officielles recensaient chaque année une moyenne de 160 infections invasives chez les enfants de moins de 5 ans – plus 20 cas annuels chez les enfants plus âgés.
Références :
Office Fédéral de la Santé Publique. Déclarations des maladies transmissibles.
Desgrandchamps D, Schmid R, Zimmermann HP, Imahorn P, Kabus K Schubiger G. [Effect of conjugated PRP vaccines on the incidence of invasive diseases caused by Haemophilus influenzae Type B in childhood]. Schweiz Med Wochenschr 1994; 124(14):575-82.
Clements DA, Booy R, Dagan R, Gilbert GL, Moxon ER, Slack MP, et al. Comparison of the epidemiology and cost of Haemophilus influenzae type b disease in five western countries. Pediatr Infect Dis J 1993; 12(5):362-7.


Est-ce vrai que l’allaitement du nourrisson s’est avéré un facteur de protection important contre les méningites à HIB ?

Il est vrai que l’absence d’allaitement augmente encore le risque de méningite à HIB… mais faux de dire que ce facteur de protection est important et donc que les enfants allaités ne nécessitent pas de vaccination : la majorité des infections recensées en Suisse survenaient – et surviennent encore - chez des enfants allaités !
Référence : Silfverdal SA, Bodin L, Hugosson S, Garpenholt O, Werner B, Esbjorner E, et al. Protective effect of breastfeeding on invasive Haemophilus influenzae infection: a case-control study in Swedish preschool children. Int J Epidemiol 1997; 26(2):443-50.

« Si un enfant n’est pas vacciné contre HIB, il est important de surveiller particulièrement bien la survenue de signes évocateurs de méningite ou d’atteinte neurologique, pour les reconnaître précocement et pouvoir commencer un traitement à temps. »

Ce conseil est irréaliste : ces infections évoluent très rapidement et même des médecins exercés peuvent avoir des difficultés à en déceler les premiers signes !

Ce conseil est aussi anti-social, puisqu’il pénalise les enfants des parents n’ayant pas la formation suffisante ou les ressources nécessaires pour pouvoir surveiller d’aussi près les éventuels premiers symptômes de leurs enfants…

Est-ce vrai que plusieurs études ont montré que les femmes qui ont eu les oreillons dans leur enfance encouraient moins le risque de contracter un cancer des ovaires ? Que faire les oreillons dans l’enfance diminue le risque de sclérose en plaques ?

Nous n’avons pas connaissance de données contrôlées démontrant un effet protecteur des oreillons… Les données actuellement disponibles rendent l’hypothèse d’un effet bénéfique des oreillons sur le risque de cancer des ovaires ou de sclérose en plaques extrêmement improbable.

« On craint surtout l’encéphalite rougeoleuse dont la fréquence est plus élevée chez les nourrissons et les jeunes adultes. Cette fréquence varie selon les sources entre un cas sur 1'000 et un cas sur 10'000 malades, le deuxième chiffre semblant plus réaliste. »

Non. Les épidémies survenues récemment en Hollande, en Italie et en Suisse ont malheureusement démontré que la survenue d’encéphalite est bien de l’ordre de 1:1’000 (4 cas pour moins de 700 rougeoles déclarées en Suisse en 2003; 13 cas sur 20'000 rougeoles déclarées en Italie en 2001; 5 cas sur environ 3’000 rougeoles recensées en Hollande en 1999-2000).
Références :
Measles outbreak--Netherlands, April 1999-January 2000. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2000; 49(14):299-303.
Measles epidemic attributed to inadequate vaccination coverage--Campania, Italy, 2002. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2003; 52(43):1044-7.
van den Hof S, Conyn-van Spaendonck MA van Steenbergen JE. Measles epidemic in the Netherlands, 1999-2000. J Infect Dis 2002; 186(10):1483-6.

Evidences contre croyances

couple1Nécessité ?
Efficacité ?
Effets secondaires ?

Nous sommes pédiatres, spécialistes en maladies infectieuses, et nous consacrons une bonne partie de notre formation continue depuis de nombreuses années au domaine des vaccinations. Nous sommes aussi les médecins répondants d’InfoVac, un réseau de médecins répondant dans les 24-48h à toute question médicale liée aux vaccinations.

A ce titre, nous sommes fréquemment sollicités par des collègues nous demandant « est-il vrai que… est-il démontré que…? »

Nous avons donc fait l’inventaire des interrogations les plus fréquentes, des affirmations les plus tendancieuses et préparé de courtes réponses basées sur les évidences scientifiques disponibles à ce jour. Nous espérons que ceci sera utile à ceux qui ont à cœur de distinguer l’évidence parmi les croyances ou les convictions personnelles…

Nous avons pris soin de référencer nos réponses en indiquant des publications récentes et accessibles par PubMed à l’ensemble de la communauté médicale.

C.A. Siegrist, C. Aebi, D. Desgrandchamps, U. Heininger, B. Vaudaux. Guide sur les Vaccinations : évidences et croyances… Bulletin des médecins suisses, 2005;86:9:  20050915 Guide vaccins - réponse à SKS

Une nouvelle brochure du "Groupe médical de réflexion sur les vaccinations" invite à renoncer à la vaccination contre le cancer du col de l'utérus. Nous expliquons dans ce document comment les évidences actuellement disponibles nous conduisent au contraire à recommander cette protection efficace à toutes les jeunes filles de moins de 20 ans.

Efficacité des vaccins ?

Est-ce vrai que les mères vaccinées ne transmettent pas à leurs enfants la même protection contre les maladies d’enfance que les mères ayant fait ces maladies ?

Non. Il n’y a aucune donnée suggérant que la qualité des anticorps transmis de la mère à l’enfant soit moins bonne après un vaccin qu’après une maladie. Les seules différences concernent la quantité d’anticorps présents chez la mère, qui détermine la durée de la protection. Ce taux d’anticorps est plus faible chez les enfants de mères vaccinées par des virus vivants atténués (rougeole, rubéole, oreillons), dont le système immunitaire est moins fortement stimulé que par les virus sauvages. La protection est donc tout aussi bonne, mais d’une durée plus courte. Ceci a été pris en compte dans la recommandation d’avancer l’âge de la première vaccination rougeole-oreillons-rubéole (R.O.R.) de 15 à 12 mois. Mais cette affirmation est fausse pour tous les autres vaccins : les mères qui ont été vaccinées contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite ou l’hépatite B protègent mieux leurs nourrissons que les mères non vaccinées…

Est-ce vrai que les vaccins combinés sont moins efficaces que les vaccins isolés ?

Non.

La vaccination combinée rougeole-oreillons-rubéole est aussi efficace que 3 vaccinations séparées.
Les vaccinations contre le tétanos ou la poliomyélite sont tout aussi efficaces lorsqu’elles sont données avec les vaccins coqueluche et diphtérie.
Le pourcentage d’enfants répondant à la vaccination contre l’hépatite B n’est pas plus faible après vaccination des nourrissons par un vaccin combiné (vaccins hexavalents) qu’après la vaccination des adolescents par un vaccin isolé.
Le vaccin contre la méningite à Haemophilus influenzae du groupe b n’est pas moins efficace lorsqu’il est donné en combinaison avec diphtérie-tétanos et coqueluche à germes entiers (Pw): ce sont d’ailleurs bien ces vaccins combinés qui ont permis la diminution des cas de méningite à HIB en Angleterre (de 22.9 à 0.5 sur 100'000 entre 1990 et 1998.

La difficulté rencontrée dans le développement des vaccins combinés a été le remplacement des vaccins coqueluche à germes entiers (Pw) par les vaccins acellulaires (Pa), pour avoir des vaccins contre la coqueluche qui soient mieux supportés. Il est vrai que le taux d’anticorps contre HIB diminue dans la plupart des vaccins qui le combinent au vaccin coqueluche acellulaire. Mais cette diminution est sans conséquence sur l’efficacité vaccinale si le programme de vaccination inclut, comme chez nous, une dose de rappel dans la 2e année de vie. Il a d’ailleurs suffit aux Anglais de donner une dose supplémentaire de vaccin combiné pour que les méningites à HIB diminuent à nouveau…
Références :
Edees S, Pullan CR Hull D. A randomised single blind trial of a combined mumps measles rubella vaccine to evaluate serological response and reactions in the UK population. Public Health 1991; 105(2):91-7.

Begue P, Stagnara J, Vie-Le-Sage F, Bernard JC, Xerri B Abitbol V. Immunogenicity and reactogenicity of a booster dose of diphtheria, tetanus, acellular pertussis and inactivated poliomyelitis vaccines given concurrently with Haemophilus type b conjugate vaccine or as pentavalent vaccine. Pediatr Infect Dis J 1997; 16(8):787-94.

Mallet E, Belohradsky BH, Lagos R, Gothefors L, Camier P, Carriere JP, et al. A liquid hexavalent combined vaccine against diphtheria, tetanus, pertussis, poliomyelitis, Haemophilus influenzae type B and hepatitis B: review of immunogenicity and safety. Vaccine 2004; 22(11-12):1343-57.

Zepp F, Knuf M, Heininger U, Jahn K, Collard A, Habermehl P, et al. Safety, reactogenicity and immunogenicity of a combined hexavalent tetanus, diphtheria, acellular pertussis, hepatitis B, inactivated poliovirus vaccine and Haemophilus influenzae type b conjugate vaccine, for primary immunization of infants. Vaccine 2004; 22(17-18):2226-33.

Heath PT McVernon J. The UK Hib vaccine experience. Arch Dis Child 2002; 86(6):396-9.

Slack MP, Azzopardi HJ, Hargreaves RM Ramsay ME. Enhanced surveillance of invasive Haemophilus influenzae disease in England, 1990 to 1996: impact of conjugate vaccines. Pediatr Infect Dis J 1998; 17(9 Suppl):S204-7.

Eskola J, Olander RM, Hovi T, Litmanen L, Peltola S Kayhty H. Randomised trial of the effect of co-administration with acellular pertussis DTP vaccine on immunogenicity of Haemophilus influenzae type b conjugate vaccine. Lancet 1996; 348(9043):1688-92.

Kovel A, Wald ER, Guerra N, Serdy C Meschievitz CK. Safety and immunogenicity of acellular diphtheria-tetanus-pertussis and Haemophilus conjugate vaccines given in combination or at separate injection sites. J Pediatr 1992; 120(1):84-7.

Schmitt HJ, von Kries R, Hassenpflug B, Hermann M, Siedler A, Niessing W, et al. Haemophilus influenzae type b disease: impact and effectiveness of diphtheria-tetanus toxoids-acellular pertussis (-inactivated poliovirus)/H. influenzae type b combination vaccines. Pediatr Infect Dis J 2001; 20(8):767-74.

Est-ce vrai que trois vaccins suffisent pour l’immunisation de base contre le tétanos lorsque celle-ci est différée ?

Oui. Mais ce conseil ne précise pas que ces 3 doses de vaccins (données entre 1 et 2 ans) ne protègent que jusque vers l’âge de 5 ans environ, âge auquel un premier rappel devient indispensable pour maintenir la protection.

Est-ce vrai que même si l’on effectue la première vaccination coqueluche déjà à l’âge de 2 mois, une protection significative contre les complications n’apparaît qu’après le 2e vaccin, donc après le 4e mois ? Cette vaccination vient donc trop tard pour le groupe particulièrement vulnérable des petits nourrissons ?

Cette affirmation suggèrent que la vaccination est inutile puisque ceux qui en auraient le plus besoin n’en bénéficient pas. C’est faux. Des études récentes ont montré que la première dose de vaccin donnée à l’âge de 2 mois diminuait déjà de 65% le risque de devoir être hospitalisé pour une coqueluche ! Cette protection augmente avec la 2e et la 3e dose, que nous recommandons donc aussi précocement que possible.
Références :
Olin P, Gustafsson L, Barreto L, Hessel L, Mast TC, Rie AV, et al. Declining pertussis incidence in Sweden following the introduction of acellular pertussis vaccine. Vaccine 2003; 21(17-18):2015-21.
Juretzko P, von Kries R, Hermann M, Wirsing von Konig CH, Weil J Giani G. Effectiveness of acellular pertussis vaccine assessed by hospital-based active surveillance in Germany. Clin Infect Dis 2002; 35(2):162-7.

Est-ce vrai que sur la base des informations disponibles actuellement, l’efficacité des vaccins coqueluche acellulaires est meilleure, même si elle laisse encore à désirer ?

C’est faux : il ne suffit pas de faire référence à des ouvrages mal documentés pour qu’une affirmation devienne vraie. Les vaccins acellulaires sont bien mieux tolérés, mais leur efficacité est un peu plus faible que les vaccins à germes entiers.
Références :
Greco D, Salmaso S, Mastrantonio P, Giuliano M, Tozzi AE, Anemona A, et al. A controlled trial of two acellular vaccines and one whole-cell vaccine against pertussis. Progetto Pertosse Working Group. N Engl J Med 1996; 334(6):341-8.
Gustafsson L, Hallander HO, Olin P, Reizenstein E Storsaeter J. A controlled trial of a two-component acellular, a five-component acellular, and a whole-cell pertussis vaccine. N Engl J Med 1996; 334(6):349-55.

Est-ce vrai qu’au cours des dernières années, on a observé une augmentation de maladies graves causées par des bactéries HIB devenues résistantes aux vaccins ?

Cette affirmation est fausse. Il est vrai qu’une augmentation relative des infections invasives à HiB a été observée en Angleterre et dans certaines tribus en Alaska chez des sujets vaccinés. Ce sont cependant des bactéries « ordinaires » - et non des souches résistantes aux vaccins – qui sont responsables de ces échecs vaccinaux.

Est-ce vrai que parallèlement à l’introduction du vaccin le nombre des méningites à HIB a significativement diminué en Suisse, celui des méningites à méningocoques a presque doublé depuis 1995 ?

Cette affirmation est périmée et implique un faux sous-entendu ! Les infections à méningocoques du groupe C ont effectivement augmenté entre 1995 et 2000, comme cycliquement dans un pays endémique comme la Suisse, mais ont diminué spontanément entre 2000 et 2004 alors que plus de 95% des nourrissons sont vaccinés chaque année contre HIB ! La vaccination contre HiB ne peut donc être responsable de l’augmentation transitoire des cas de méningocoques du groupe C.
Référence : Office Fédéral de la Santé Publique. Déclarations des maladies transmissibles.

Est-ce vrai que la vaccination contre la polio laisse 5% des personnes sans protection ou sans protection suffisante ?

Cette affirmation est fausse, comme le montrent les études réalisées avec les vaccins utilisés en Suisse dont l’immunogénicité atteint 98-100%.
Référence : Aristegui J, Dal-Re R, Diez-Delgado J, Mares J, Casanovas JM, Garcia-Corbeira P, et al. Comparison of the reactogenicity and immunogenicity of a combined diphtheria, tetanus, acellular pertussis, hepatitis B, inactivated polio (DTPa-HBV-IPV) vaccine, mixed with the Haemophilus influenzae type b (Hib) conjugate vaccine and administered as a single injection, with the DTPa-IPV/Hib and hepatitis B vaccines administered in two simultaneous injections to infants at 2, 4 and 6 months of age. Vaccine 2003; 21(25-26):3593-600.

« L’objectif de la campagne de vaccination officielle est d’éradiquer la rougeole. Pour cela, un taux de couverture vaccinale de la population supérieure à 95% devrait être atteint. Mais depuis 1991, seuls 80% de tous les enfants suisses sont vaccinés contre la rougeole. Ainsi, le but officiel d’éradication doit être considéré comme peu réaliste… »

L’objectif de l’O.M.S. pour la région Europe est effectivement de ne plus voir d’enfants mourir de rougeole en Europe, grâce à son élimination. Ce qui pouvait sembler une gageure impossible il y a encore 10 ans est en passe de devenir réalité, la rougeole disparaissant progressivement de nombreux pays, y compris en Europe du Nord et de l’Est.

Ainsi, la Suisse (avec l’Allemagne, la France et l’Italie) devient effectivement un des derniers bastions européen du virus de la rougeole. Une situation qui est une conséquence directe des oppositions à la vaccination ROR déclenchées dans notre pays dès l’introduction de cette vaccination - et qui nous préoccupe…
Références :
Kapp C. WHO and UNICEF report good news on measles. Lancet 2004; 363(9420):1531.
Progress towards measles elimination, western hemisphere, 2002-2003. Wkly Epidemiol Rec 2004; 79(15):149-51.
de Quadros CA. Can measles be eradicated globally? Bull World Health Organ 2004; 82(2):134-8.
Czarkowski MP Kondej B. [Measles in Poland in 2002]. Przegl Epidemiol 2004; 58(1):21-7.

Est-ce vrai que malgré deux vaccinations contre la rougeole, au moins 5% des vaccinés ne développent pas de protection et 10% une protection insuffisante, les exposant ainsi à une rougeole à l’âge de jeune adulte, âge auquel le risque d’encéphalite est beaucoup plus élevé ?

C’est faux. Après 2 doses, l’efficacité du vaccin contre la rougeole dépasse 97%.
Et les non-répondeurs à la vaccination sont à risque de rougeole à tout âge – et non seulement comme jeunes adultes. Pourtant, ils pourraient être protégés par l’immunité de groupe… si les enfants de Suisse étaient aussi bien vaccinés que les petits Finlandais, où que les enfants du Tadzykistan !
Référence : Compendium Suisse des Médicaments

Est-ce vrai que les femmes enceintes qui ont été vaccinées dans leur enfance ont une protection plus faible contre la rubéole que celles qui ont surmonté la maladie naturellement?

Cela n’est pas exact. Certes, les taux d’anticorps sont moins élevés après une vaccination avec un virus atténué qu’après une infection avec un virus sauvage, mais cela ne se traduit pas en une diminution de la protection. Deux doses de vaccins permettent la protection de plus de 99% des futures mères.
Référence : Compendium Suisse des Médicaments.

Est-ce vrai que la durée de protection garantie contre l’hépatite B n’est que de 5 à 10 ans alors que le risque d’infection survient essentiellement entre 20 et 35 ans ?

C’est faux. Même si les anticorps de vaccination peuvent effectivement disparaître après quelques années, de nombreuses études ont formellement démontré la persistance de la protection au delà de leur disparition, grâce à l’immunité mémoire et à sa réactivation plus rapide (4-7 jours pour que des anticorps soient à nouveau présents dans le sang) que l’incubation de l’hépatite B (4-12 semaines…
Référence : Are booster immunisations needed for lifelong hepatitis B immunity? European Consensus Group on Hepatitis B Immunity. Lancet 2000; 355(9203):561-5.

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